Le mot catastrophe vient du grec ancien (kata : sur// strophe : le tour, action de tourner, ou tour du choeur sur scène). Il signifie littéralement "sur le tour" mais on pourrait le traduire mieux, sans être spécialiste : retournement tragique, coup de théâtre dramatique final. La catastrophe, c'est ce à quoi on ne s'attend pas. Ce mot invite à penser l'imprévu: pas d'immunisation, pas de baisse du nombre de cas, plus de morts de causes connexes (sociales, économiques), pas de saisonalité

Tant qu'à rester dans l'imaginaire guerrier, ne serait-il pas plus crédible de parler de "résistance" puisque le combat est essentiellement mené par des civils, dans l'ombre, face à un double ennemi : la maladie d'un côté ; les mesures abjectes passées et présentes du gouvernement ? Résistance des forces vives de la nation pour un salut commun face à la maladie et malgré le gouvernement.

Rhétorique guerrière, mesure symbolique guerrière (retrait des 200 soldats de l'opération Chamal en Irak). Le gvt veut que nous pensions "guerre".

Une guerre qui frappe surtout des civils. Une guerre qui engage surtout des civils. Une guerre où l'on sacrifie d'abord les plus vulnérables (les personnes âgées dépendantes). Une guerre où l'on accepte des pertes pour préserver des intérêts privés et une doctrine (non réquisition des cliniques privées).

Ce gouvernement est composé de fanatiques, c'est à dire d'être incapables de comprendre leur profond biais idéologique, incapable de se réformer en fonction de leurs erreurs. Ils sont incapables d'autre chose que ce qu'ils font déjà, fanatisés, demeurés, bloqués.

Pourquoi les cliniques privées ne sont pas réquisitionnées ?
Pourquoi les entreprises vitales dans cette crises sanitaires ne sont pas réquisitionnées?
Pourquoi l'état n'appelle pas à stopper l'économie le temps de résoudre la crise sanitaire ?
Tout ce qui nuit à la "liberté" de faire des profits est repoussé par le gouvernement tant il n'y est pas acculé.

Les politiques du virus II, le retour
youtu.be/ATapvvUvazQ

Ou de l'usage du futur dans la représentation de la catastrophe

20h, au balcon. La rue applaudit, des gens trinquent entre les fenêtre.

20h02 : je gueule:
AD : Macron, démission, Buzin, au poteau !

Une voix au balcon : Qu'est-ce qu'y dit?

AD : Macron, démission, Buzin, au poteau !

La voix au balcon : Ah oui, mais c'est pas le moment.

22h15 : la rue retrinque en faisant des" whooo" de joie.

Même quand ils lâchent leur tablette, ils sont hors du monde, hors du réel.

20h, au balcon. La rue applaudit. Des gens trinquent entre les fenêtres.
21h, belle-soeur infirmière au téléphone : " C'est quoi ces cons?! On reste polis, là, on n'a pas le temps pour la politique, on fait le boulot, mais franchement, c'est ridicule".
En voilà une qui n'apprécie pas les flashmobs, formatée pour des vidéos twitter, qui donnent l'illusion d'un collectif et bonne conscience à pas cher.

Petit point de vigilance citoyenne: quand des soignants demandent le confinement total et immédiat de la population, c'est d'abord et avant tout parce que les hôpitaux craquent et ne peuvent plus contenir l'épidémie. C'est d'abord et avant tout parce qu'on les a privé de moyens. Et parce que l'hôpital n'est pas en capacité de contenir l'épidémie, on demande de contenir la population.

Face à l'épidémie, on renforce une certaine souveraineté de l'état : pas celle qui émane du peuple, celle qui émane de la technostructure, au service de l'économie et de la bonne gestion du stock humain. On peut redonner des marges financières aux états puisqu'il n'y a aucune chance qu'il les partage selon une modalité démocratique, ou toute modalité qui nuise au néolibéralisme. Pour un état machine, il n'y a plus de barre de 3% de déficit.

lemonde.fr/international/artic

Rassurée par l'abolition progressive du débat démocratique et la mise au pas des parlements par les appareils d'état, la commission autorise les nations à emprunter et à investir.
lemonde.fr/international/artic

Plus prosaïque, troisième jour de confinement, troisième tournée de courses dans le quartier.

Post boulangerie, pause pain au chocolat sur le banc vide d'une placette vide.

Deux policiers en civil. Contrôle du papier auto-justifiant. En règle mais rappel à l'ordre: "vous ne pouvez pas être statique!"

Foutredieu ! Voilà la clé ! Un agent économique et technique circule ! Il est dans le flux, il n'est pas statique. Etre statique, être là, c'est déjà commencer à être un sujet.

Pourquoi V for Vendetta me revient sans cesse à l'esprit ?

L'enchaînement terrorisme, épidémie, éditocratie, mesures liberticides ?

Ou alors un moment où face à la faillite de'un état détruit par un libéralisme débile, on récrée un complexe militaro-pharmaceutique, le tout sous une chape médiatique.

"Guerre patriotique contre la maladie", et dans cette guerre, tous les individus sont suspects d'être des individus, c'est à dire de pouvoir être sujets de leurs actions et de leurs pensées.

Je me dis que j'ai bien fait de mettre en ligne et en débat les chroniques post-fin du monde.

Allez, piqûre de rappel:
youtube.com/watch?v=CAhM-zDhgh

Il faut ménager dans l'espace de nos débats un place à l'inactuel, au futur, ne pas nous contenter de réagir sans fin, comme le public d'une scène jouée devant nous. Plusieurs d'entre nous ont alerté sur l'affreux gag du SDF embarqué. On le savait. Et le réel, comme un bâton merdeux a suivi nos prédictions. Mais peut-on se satisfaire d'une gymnastique prédiction/indignation/gémissements?

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